Des Salons en vers: des petits poèmes pour du grand art

Büttler, Emmanuel (2024). Des Salons en vers: des petits poèmes pour du grand art (Submitted). Cahiers Roucher-André Chénier-études sur la poésie du XVIIIe siècle(39)

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La poésie sur les arts visuels au XVIIIe siècle est un type spécifique d’écrit sur l’art qui connaît une phase d’intense publication en France au milieu du siècle avec les poèmes didactico-descriptifs de Marsy, Baillet de Saint-Julien, Watelet et de Lemierre pour citer les plus connus. Stimulée par la réouverture des expositions au Salon carré du Louvre en 1737, cette poésie répond au goût du public pour la peinture française contemporaine. Le contexte historique de la réouverture des expositions bisannuelles favorise l’essor de nouvelles formes d’écriture en particulier sur la peinture, à l’image de ce que nous appelons aujourd’hui la critique d’art. L’émergence de celle-ci coïncide aussi avec une abondante production poétique inspirée par les expositions de peinture contemporaine. La Collection Deloynes et le Portefeuille de poésies fugitives constitué par Nicole Masson sont de précieuses sources pour la constitution de ce corpus de poésie de circonstance sur les Salons. Ces ouvrages contiennent des vers qui invitent à une promenade poétique parmi les tableaux exposés. La poésie articule ainsi une forme de critique d’art versifiée qui méandre entre l’expression d’un avis et d’une émotion. Le propos de ma présentation s’attelle à étudier le fonctionnement de ce type de poésie au XVIIIe siècle. Le caractère hétérogène de ce corpus du point de vue des tonalités littéraires employées (élégiaque, critique, didactique, descriptive, satirique) est complétée par la volonté d’illustrer, voire d’intensifier l’expérience esthétique par la voix poétique lors d’une exposition d’œuvres d’art. La lecture des poèmes fait donc office d’une forme de réalité augmentée et complémentaire à la contemplation des œuvres d’art exposées. La mise en vers assure une transmission des connaissances sur le savoir-faire pictural, une forme de publicité pour les artistes ainsi que l’expression de la beauté des œuvres d’art dévoilées. Ce sont autant de fonctions qu’a la poésie des Lumières et qui se réunissent au sein de ce corpus de poèmes de circonstance. Celui-ci comporte également des innovations poétiques en termes de stratégies d’appropriation et d’intégration d’un vocabulaire issu de la pratique picturale. Dépassant la transposition classique des règles de la rhétorique d’un art à l’autre, les poèmes sont ainsi susceptibles d’aboutir à une nouvelle forme d’ut pictura poesis. La poésie sur les Salons honore cet adage horacien par l’expression d’une relation de solidarité et de complémentarité.

Item Type:

Journal Article (Original Article)

Division/Institute:

06 Faculty of Humanities > Department of Linguistics and Literary Studies > Institute of French Language and Literature
06 Faculty of Humanities > Department of Linguistics and Literary Studies > Institute of French Language and Literature > Literary Studies

UniBE Contributor:

Büttler, Emmanuel

Subjects:

800 Literature, rhetoric & criticism > 840 French & related literatures
400 Language > 440 French & related languages

Language:

French

Submitter:

Emmanuel Büttler

Date Deposited:

06 Jun 2024 07:33

Last Modified:

07 Jun 2024 07:01

BORIS DOI:

10.48350/197595

URI:

https://boris.unibe.ch/id/eprint/197595

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